Le maquillage des peuples indigènes d’Amazonie
Le maquillage des peuples indigènes d’Amazonie, issu de ressources naturelles, symbolise l’appartenance à une tribu, le statut social, et sert aussi de protection contre le soleil. Cet art ancestral est chargé de significations et de traditions que nous vous invitons à découvrir.
Des compositions et procédés de fabrication bien spécifiques
Se déclinant en différentes couleurs, le maquillage des peuples indigènes d’Amazonie tient son origine de graisse et de colorants d’origine minérale, végétale ou animale.
Pour l’anecdote, une légende raconte qu’une déesse, nommée Dabeida, aurait transmis son savoir-faire à une tribu : les Embera. Elle serait d’ailleurs à l’origine de la peinture corporelle dans cette tribu.
C’est ce même peuple qui découvre ensuite l’arbre Génipa, nommé Jenipapo en portugais. Il produit des baies de forme ronde entre 5 à 10 cm. Lorsque le jus de ces baies, incolore, est laissé quelques heures sur la peau, une réaction d’oxydation se produit. La peau se teinte alors en noir bleuté sous 24 heures. Pour s’en débarrasser, il faut s’armer de patience et laisser place à l’exfoliation naturelle nécessitant une quinzaine de jours.
De manière générale, les tribus utilisent différentes couleurs pour leur maquillage, notamment le rouge et le noir.
Le rouge, couleur renommée en peinture corporelle, s’obtient à l’aide du roucou, aussi appelé Urucu en Amazonie. Il s’agit d’un fruit provenant d’un arbre. Il est constitué d’une enveloppe d’épines dans laquelle on trouve des graines rouges. Une fois broyées et séchées, ces dernières deviennent de la poudre de couleur. Voici une vidéo pour en apprendre davantage sur ce fruit aux multiples vertus.

Quant à l’obtention de la couleur noire, il suffit de mélanger du charbon brûlé avec de l’huile de Copaïba, un grand arbre. Cette huile, qui se trouve au cœur du tronc, permet une meilleure tenue du maquillage.
Pour l’appliquer, les Indiens se servent d’un bâton très fin de Balsa ou de bambou.
La signification des peintures corporelles
À l’origine utilisées pour se protéger du soleil et des insectes, les peintures corporelles ont accumulé de multiples fonctions au cours des derniers siècles.
Une de leurs principales utilisations, pour les Indiens d'Amazonie, est de montrer leur appartenance et leur rang social dans une tribu. Par exemple, le chef de la tribu aura un maquillage différent dans le but d’être différencié des autres membres. En temps de guerre, ils réalisaient des maquillages atypiques et sombres à base de charbon, dans le but d’impressionner l’adversaire.
Ces maquillages servaient aussi à évoquer certains passages de leur vie, comme le fait d’avoir déjà tué quelqu’un, d’être en deuil ou simplement célibataire par exemple. Pour les femmes, ce maquillage était pourvu d’une grande signification. Il indiquait le changement de petite fille en femme. En effet, dès l’apparition de leurs premières règles, leur maquillage évoluait. Les hommes se rendant dans une tribu étaient alors capables de savoir si une fille pouvait être mariée ou si elle était encore trop jeune.
À ce jour, certains peuples d’Amazonie font perpétuer cette tradition du maquillage à l’occasion de festivités. Ils peuvent par exemple représenter leur animal totem, celui qu’ils vont vouloir imiter en dansant.
Au-delà de ces différentes fonctions, le maquillage peut se décomposer et chaque symbole peut représenter une signification particulière. Or, peu d’informations sont disponibles à ce sujet car l’interprétation est fixée différemment en fonction de la tribu.
Prenons l’exemple de la tribu des Embera. Les lignes verticales imitent l’effet de la lumière ; les dessins de labyrinthe incitent les mauvais esprits à s’égarer ; ou encore les triangles symbolisent la sécurité et la famille.

Vous pourrez découvrir le sens donné au maquillage de la célèbre tribu des Tatuyos en vous laissant porter par une de nos croisières. Ce sera également l’occasion de découvrir leurs danses et leurs traditions !


