La capoeira
La capoeira, vous avez pour la plupart déjà tous entendu ce terme, mais savez-vous réellement de quoi il s’agit ? Aujourd’hui, on vous aide à éclairer vos lanternes. Bien que les origines et l’étymologie exactes de cette pratique soient un peu confuses et mystérieuses, il y a une version qui revient plus souvent que les autres.
Un art martial né de la résistance des esclaves

L’histoire de la capoeira tire ses origines du temps de l’esclavage au Brésil. Lorsque ce dernier était encore une colonie portugaise, de nombreux esclaves d’Afrique, et plus particulièrement d’Angola — également colonie portugaise à l’époque — étaient amenés au Brésil pour travailler dans les champs de canne à sucre.
Il s’agit d’un art martial afro-brésilien inspiré des méthodes de danses et de combat des peuples d’Angola. À l’époque, les esclaves utilisaient principalement leurs pieds pour se défendre, leurs mains étant souvent enchaînées.
La capoeira était utilisée comme une technique de défense contre la violence des colons. Le soir, après les journées de travail, les esclaves se retrouvaient dans les « senzalas » pour pratiquer leurs traditions. La lutte fut interdite par les colons, mais les esclaves la déguisèrent en danse en y ajoutant musique et chants : la capoeira était née.
Cet art a même servi lors de la plus grande révolte d’esclaves qu’ait connue le Brésil. Certains réussirent à fuir et à s’organiser en communautés de résistance. Longtemps réprimée, la capoeira était passible de prison.
Mais en 1864, pendant la guerre contre le Paraguay, le Brésil fit appel aux prisonniers capoeiristes, leur promettant la liberté s’ils revenaient du front. Leur participation fut décisive et inspira le chant « Paranaê, Parana ».
La capoeira aujourd’hui : sport, culture et fierté brésilienne

En 1930, maître Bimba présenta la capoeira au président brésilien Getúlio Vargas, qui en fit un sport national, déclarant : « la capoeira est le seul sport réellement brésilien ». Elle devient alors emblématique de l’identité nationale, aux côtés du football.
Aujourd’hui, la capoeira est à la fois un art de combat, un jeu, une danse et une expression musicale. Le capoeiriste est un athlète, un danseur et un musicien qui perpétue l’héritage afro-brésilien.
Le 26 novembre 2014, l’UNESCO a inscrit la capoeira au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, reconnaissant son rôle dans la lutte des esclaves noirs et sa valeur culturelle.
Quant à l’étymologie du mot « capoeira », plusieurs hypothèses existent : il pourrait venir du portugais et désigner un poulailler (lieu d’enfermement des esclaves), ou du tupi-guarani, où il signifierait « forêt coupée » — un clin d’œil aux esclaves fugitifs se cachant dans la jungle.
Aujourd’hui pratiquée dans le monde entier, la capoeira incarne la mémoire d’un combat pour la liberté, et reste un puissant symbole de la culture brésilienne.


